Gros sur la patate

8Sep/17Off

Les stéréotypes sur le handicap : des représentations erronées qui freinent l’accès et l’évolution dans l’emploi

Les stéréotypes sont des structures mentales qui reflètent les rapports de domination à l’œuvre dans la société et qui infléchissent implicitement notre manière de percevoir les individus. Linda Hamilton Krieger parle de « biais implicites » et de « biais cognitifs » qui faussent le jugement des personnes, même celles aux intentions bienveillantes. Les stéréotypes et les préjugés peuvent être la cause d'une indifférence voire de perceptions erronées vis-à- vis de certaines caractéristiques et/ou de certaines catégories de personnes : les personnes en situation de handicap, les femmes, mais aussi les femmes en situation de handicap. En 2011, une étude a examiné, à partir de situations concrètes, les freins qui subsistent à l’insertion des personnes en situation de handicap dans les entreprises et a mis en exergue les représentations faussées sur les personnes handicapées. Les managers pensent ainsi que les personnes avec un handicap sensoriel (auditif et/ou visuel) représentent environ 30 % de la population handicapée, contre 16 % en réalité. De la même manière, ils surévaluent la population atteinte d'un handicap intellectuel et/ou psychique. Globalement, ils surévaluent la prévalence des handicaps « lourds » par rapport aux handicaps « légers », donc appréhendent mal les aménagements de postes nécessaires ou non. Les managers portent également un regard contradictoire sur les personnes en situation de handicap. D'un côté, elles sont jugées « courageuses », « volontaires », « fortes », « sympathiques » mais elles sont aussi perçues comme « lentes » et « inadaptées ». Cela ne saurait être sans conséquence sur la politique de recrutement et de promotion. Par ailleurs, des représentations spécifiques concernent des situations particulières de handicap. Par exemple, la représentation collective des hommes accidentés du travail tend à les assimiler aux « blessés de guerre », ce qui facilite leur acceptation par la société alors que s'agissant des maladies chroniques, cette acceptation semble plus difficile par la société et les personnes ellesmêmes. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les troubles musculosquelettiques (TMS), qui concernent majoritairement les femmes, n'ont été reconnus comme maladies professionnelles qu'en 2003.

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